Déclaration liminaire des élus au CST de recours

Madame La Présidente,

Avant d’aborder les points inscrits à l’ordre du jour, nous souhaitons une nouvelle fois vous alerter sur la situation des agents de notre collectivité et sur l’érosion continue de leur pouvoir d’achat.

Depuis plusieurs années, les agents subissent de plein fouet l’augmentation du coût de la vie : alimentation, énergie, carburants, logement, assurances, mutuelles… Même lorsque l’inflation ralentit, les prix, eux, ne reviennent pas en arrière.

Et cette réalité concerne particulièrement la fonction publique territoriale, composée très majoritairement d’agents de catégorie C.

À cela viennent s’ajouter des mesures qui pénalisent encore davantage les agents lorsqu’ils rencontrent des problèmes de santé : jour de carence, diminution de la rémunération pendant les premiers mois d’un congé de maladie ordinaire…

Pour les salaires les plus modestes, perdre quelques dizaines d’euros n’est pas anodin. Ce sont des courses, un plein de carburant ou une facture qu’il faudra peut-être reporter.

Oui, une partie importante des décisions concernant les rémunérations des fonctionnaires relève de l’État.

Le point d’indice, les grilles indiciaires, le jour de carence ou certaines dispositions concernant les congés maladie ne sont pas décidés par notre collectivité.

Nous ne cherchons donc pas à exonérer l’État de ses responsabilités.

La Région est aussi un employeur.

Elle emploie des milliers d’agents. Elle connaît leurs rémunérations, leurs métiers, leurs contraintes et les difficultés auxquelles ils sont confrontés.

Et nous nous interrogeons aujourd’hui sur le grand silence des employeurs publics territoriaux face à l’État.

Lorsque les décisions nationales conduisent à une perte de pouvoir d’achat de leurs agents, lorsque les grilles se tassent, lorsque les premiers échelons se rapprochent toujours davantage du SMIC, où est la voix des employeurs territoriaux ?

Nous souhaiterions aussi entendre les collectivités demander à l’État une véritable revalorisation du point d’indice et des grilles de rémunération.

On ne peut pas expliquer aux représentants du personnel que les collectivités ne sont pas responsables parce que les décisions viennent de l’État et rester silencieux lorsque ces mêmes décisions pénalisent leurs propres agents.

Et surtout, tout ne dépend pas de l’État.

La collectivité dispose elle aussi de leviers : régime indemnitaire, CIA, action sociale, protection sociale complémentaire, restauration des agents, conditions de travail ou reconnaissance de certaines contraintes professionnelles.

Nous demandons donc simplement qu’elle utilise pleinement les moyens dont elle dispose, en donnant la priorité aux agents qui en ont le plus besoin.

Le dialogue social doit rester un véritable dialogue

Nous sommes également attachés à la qualité du dialogue social au sein de notre collectivité.

Elle ne répond ni aux difficultés de recrutement, ni aux problèmes d’attractivité, ni à la fidélisation des agents, et encore moins au besoin de reconnaissance de celles et ceux qui travaillent depuis parfois de nombreuses années au service de notre collectivité.

Cette parole peut déranger.

Mais c’est précisément à cela que sert le dialogue social.

Quelle priorité pour les moyens disponibles ?

C’est dans ce contexte que nous sommes aujourd’hui amenés à examiner une évolution du régime indemnitaire bénéficiant principalement aux cadres les mieux rémunérés de notre collectivité.

Nous ne remettons pas en cause leurs responsabilités, leur engagement professionnel ni la nécessité pour la Région de rester attractive.

Nous ne voulons pas opposer les agents aux cadres.

Elle concerne également les agents qui entretiennent nos lycées, préparent et servent les repas, assurent la maintenance, l’accueil, l’entretien des locaux et des espaces, ainsi que les agents administratifs et techniques qui font fonctionner quotidiennement le service public régional.

Eux aussi doivent être recrutés.

Eux aussi doivent être fidélisés.

Eux aussi méritent reconnaissance et considération.

La valeur du service public régional repose sur l’engagement collectif de milliers de femmes et d’hommes.

La reconnaissance de cet engagement ne peut pas se limiter à quelques fonctions.

Nous ne demandons pas à la Région de se substituer à l’État.

Nous lui demandons d’assumer pleinement son rôle d’employeur.

Nous vous remercions de votre attention.

Les représentants élus du personnel en CST

Joël BAEZA – Fabienne NIGAUD- Christophe DAULIN – Claude BALLET – Laurent ARNOUD – Marion VASSEUR.

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